L'ÉCONOMIE VERTE : COMMENT LES JEUNES TRANSFORMENT LES DÉCHETS EN OPPORTUNITÉS

L'ÉCONOMIE VERTE : COMMENT LES JEUNES TRANSFORMENT LES DÉCHETS EN OPPORTUNITÉS

  • 01 November 2025
  • Admin
  • Innovation

L’ÉCONOMIE VERTE : COMMENT LES JEUNES TRANSFORMENT LES DÉCHETS EN OPPORTUNITÉS

ParNTAMBUKA NSINDA Pascal

Les villes du Congo sont sales, oui. Mais derrière chaque tas d’ordures se cache un trésor que seule une jeunesse éveillée peut voir. Là où les uns sentent la puanteur, certains voient une mine. Une mine d’or, de plastique et de compost. Pendant que les autorités passent leur temps à organiser des “journées de salubrité” comme si balayer une rue suffisait à changer un pays, des jeunes, dans les quartiers populaires, créent calmement la véritable révolution verte. On en parle. Mais avant voyons où ça cloche.

1. Le désastre national...avant le miracle

Notre gouvernance n’a jamais compris que l’écologie, ce n’est pas une affaire de mode, c’est une économie. Les villes du Congo se noient dans leurs propres déchets, les rivières deviennent des égouts à ciel ouvert, et les rares usines jettent leurs résidus sans traitement dans les rivières. Pourtant, pour qui sait voir, rien n’est perdu. Parce qu’au milieu de ce chaos, la jeunesse invente du mieux qu'elle peut, recycle du mieux qu'elle peut. Elle essaie de réinventer.

2. Le génie du bas-fond

À Bukavu, à Goma, à Kinshasa, des jeunes réunies en associations transforment le plastique en pavés, le papier en briquettes, les déchets organiques en engrais. Sans moyens, sans appui de l’État, mais avec cette foi rare qui naît quand on n’a plus rien à perdre. Ils prouvent qu’on peut faire de la misère une ressource, de la saleté une opportunité, du chaos un modèle économique. Une pensée particulière aux jeunes d'idjwi et de Bukavu qui sont en train de travailler jour et nuit au sein de l'organisation Casque Vert, ainsi qu'à tous ces autres, éparpillés un peu partout au pays.

3. Le mensonge d’un État écologique

Nos dirigeants adorent prononcer les mots “économie verte” dans les forums internationaux. Mais chez nous, il n’y a ni politique environnementale cohérente, ni subvention, ni stratégie pour valoriser les déchets. Pendant qu’on signe des “accords climatiques” dans des cops et autres salons, les jeunes qui nettoient les rues à mains nues n’ont ni gants, ni financement, ni reconnaissance. Le Congo ne manque pourtant pas de matière première, il manque de vision.

4. La solution : l’économie verte patriotique

Ce que nous appelons “déchets” est en réalité une matière première dormante.
Il faut :

Mettre en place des incubateurs écologiques communautaires, où les jeunes apprennent à transformer les déchets en produits commercialisables.

Créer un fonds vert local, alimenté par les taxes environnementales, pour financer les start-up vertes.

Former les jeunes non pas à “protéger la nature” de façon naïve, mais à gérer les ressources comme des stratèges nationaux.


5. La conclusion : recycler

Recycler au Congo, ce n’est pas seulement une affaire de développement durable. C’est un acte de libération. Chaque bouteille plastique recyclée, c’est un geste contre l’abandon politique. Chaque pavé fabriqué à partir de déchets, c’est un pas vers une économie indépendante.

La jeunesse congolaise n’a pas besoin qu’on lui parle d’écologie comme à l’école, elle a besoin qu’on la laisse bâtir son économie verte avec ses mains, son intelligence et sa rage de vivre.