L'âme de notre renaissance

L'âme de notre renaissance

  • 29 October 2025
  • Admin
  • Identité et culture
L’âme de notre renaissance

(Le modèle pour lequel nous plaidons)

1. La culture, fondement de toute civilisation
Aucune nation ne s’élève sans culture. L’économie peut enrichir, la politique peut organiser, mais seule la culture donne un sens à l’existence collective. Nous, jeunesse du Sud-Kivu, croyons que notre véritable puissance ne réside pas dans nos mines ni dans nos chiffres, mais dans notre mémoire, nos langues, nos valeurs et nos symboles. C’est cette âme que nous devons protéger et réinventer à l’ère de la modernité.

2. L’Afrique n’est pas en retard : elle est en décalage de regard
Nous plaidons pour un changement de perception. L’Afrique n’a pas à singer les modèles étrangers : elle a à retrouver le fil de sa propre continuité. Nos sociétés ont produit des systèmes de justice, de gouvernance, de médecine, de solidarité et d’éducation avant la colonisation. Le modernisme n’est pas un effacement de ces héritages, mais leur mise à jour consciente. La tradition et la technologie ne sont pas ennemies : elles sont les deux ailes de notre envol.

3. Le danger du wokisme et des idéologies importées
Nous mettons en garde contre le wokisme, cette idéologie qui, sous prétexte de justice sociale, finit par dissoudre les repères moraux, familiaux et spirituels. Elle pousse à l’effacement des identités, à la confusion des rôles et à la culpabilisation des peuples enracinés. Nous refusons une jeunesse déconnectée de son héritage. Notre modèle culturel repose sur l’affirmation sans haine, l’ouverture sans renoncement, la fierté sans exclusion.

4. La décadence par imitation
Beaucoup de nos jeunes copient ce qu’ils ne comprennent pas. Les danses, les modes, les expressions venues d’ailleurs deviennent des normes, pendant que nos tambours, nos proverbes, nos récits et nos chants meurent en silence. Nous disons non à cette colonisation culturelle moderne. Le progrès n’est pas d’abandonner nos manières d’être, mais d’en faire le socle de notre modernité.

5. Le langage comme champ de bataille identitaire
Nos langues locales – le mashi, le kirega, le fuliiru, le kihunde, le kihavu – ne sont pas de simples moyens de communication. Ce sont des codes de pensée, des contenants d’univers. Nous plaidons pour leur enseignement dans les écoles, leur usage dans les institutions locales, leur valorisation dans les médias et la création artistique. Une langue qui meurt, c’est une vision du monde qui disparaît.

6. La spiritualité africaine comme science de l’équilibre
Notre spiritualité n’est pas un folklore : c’est une philosophie de la vie fondée sur l’harmonie entre l’homme, la nature et l’invisible. Nous devons la réhabiliter sans tomber dans la superstition. Les jeunes doivent comprendre que nos ancêtres ne priaient pas des idoles, mais communiquaient avec les forces de la vie. Réconcilier la science et la spiritualité africaine, c’est retrouver la paix intérieure et la dignité collective.

7. L’art et la création comme instruments de résistance
Nous plaidons pour que les artistes de Bukavu deviennent les nouveaux griots du siècle : peintres, musiciens, slameurs, cinéastes, écrivains. Qu’ils traduisent les douleurs, les espérances et les luttes de notre peuple. Nous encourageons la création d’un festival culturel du Sud-Kivu, une vitrine des talents locaux et un espace de dialogue entre tradition et modernité.

8. Le danger du consumérisme culturel
Nos jeunes sont trop souvent transformés en consommateurs d’images venues d’ailleurs, au lieu d’être producteurs de sens. Nous devons créer nos propres contenus : séries locales, contes revisités, jeux éducatifs, chansons enracinées. Ce que nous regardons finit par nous façonner. Reprendre la maîtrise de notre imaginaire, c’est reprendre le contrôle de notre avenir.

9. L’éducation culturelle et civique dès le bas âge
Nous plaidons pour l’introduction de l’éducation culturelle et civique dès le primaire : apprentissage des proverbes, connaissance des héros locaux, transmission des rites de respect, étude de nos grandes figures historiques (Lumumba, Kimbangu, Kimpa Vita, Rwagasore…). C’est ainsi qu’on élève non pas seulement des diplômés, mais des héritiers conscients.

10. La dérive du relativisme moral
L’une des plus grandes menaces actuelles est la perte du sens du bien et du mal. Tout devient « opinion », même l’injustice. Nous refusons ce relativisme qui détruit la conscience. Notre culture enseigne la vérité du cœur, la parole donnée, le respect de l’aîné, la valeur de la famille. Ces repères doivent redevenir des piliers, non des archaïsmes.

11. La modernité enracinée : notre voie
Nous ne prônons pas un retour au passé, mais une modernité enracinée. Nous voulons des ingénieurs qui citent leurs ancêtres, des juristes qui connaissent les coutumes locales, des artistes qui chantent Bukavu avec fierté, des entrepreneurs qui s’inspirent de la sagesse africaine. La modernité doit être un vêtement taillé à notre mesure, pas un costume emprunté.

12. La culture comme arme de souveraineté
Celui qui perd sa culture perd son pouvoir. Nous plaidons pour que la culture devienne un pilier de la gouvernance provinciale et nationale. Qu’elle guide nos politiques, inspire nos lois et éclaire nos choix économiques. Protéger notre culture, c’est défendre notre souveraineté. Et c’est ce modèle que nous proposons : une jeunesse enracinée dans sa mémoire, ouverte à la modernité, lucide face aux dérives, et fière de bâtir une civilisation à son image.