POURQUOI LE SUD-KIVU PEUT DEVENIR LE PROCHAIN HUB DE L'INNOVATION
POURQUOI LE SUD-KIVU PEUT DEVENIR LE PROCHAIN HUB DE L'INNOVATION
- 01 November 2025
- Admin
- Innovation
START-UP AFRICAINES : POURQUOI LE SUD-KIVU PEUT DEVENIR LE PROCHAIN HUB DE L’INNOVATION ?
ParNTAMBUKA NSINDA PASCAL
On dit souvent que tout commence par une idée. C'est faux. Tout commence par une douleur. Et au Sud-Kivu, la douleur est quotidienne : chômage, insécurité, isolement, coupures d’électricité, routes impraticables.Sauf que dans cette douleur, quelque chose bouge. Il y a du mouvement. On voit une génération qui en a marre de survivre commencer à créer ses propres outils de survie : des start-up, des micro-entreprises, des laboratoires artisanaux, etc.
1. Le paradoxe du Kivu
Le Sud-Kivu, c’est la misère sur un volcan d’opportunités.
On a l’énergie du peuple, la jeunesse la plus créative du pays, les universités les plus dynamiques, et un marché assoiffé de solutions locales. Ce qu’il manque ? Une politique publique capable d’allumer le feu.
Car pendant que l'Éthiopie d’à côté crée des zones d’innovation, nous, nous débattons encore pour savoir qui doit couper le ruban d’un cybercafé municipal.
2. La faillite de la vision étatique
Nos gouvernants pensent encore que “start-up” est un mot d’ONG. Ils ignorent que c’est une arme économique. Aucun plan provincial pour le numérique. Aucun incubateur officiel. Aucun réseau d’investissement local. Et pourtant, les jeunes innovent déjà. Dans le transport, la fintech, l’agro-industrie, les énergies renouvelables. Ce que fait un jeune avec un simple smartphone ici vaut plus que mille promesses politiques.
3. Pourquoi le Sud-Kivu peut devenir un hub ?
Parce que nous avons ce que les autres n’ont plus : la faim de créer. Les jeunes du Kivu ne copient pas, ils adaptent. Ils inventent à partir de la pénurie. Et c’est justement dans la pénurie que naissent les plus grandes inventions. Le Sud-Kivu a le profil parfait : un bassin universitaire, un tissu associatif dense, une diaspora compétente, et une jeunesse déterminée à coder sa liberté.
4. Les conditions de l’explosion
Pour que le Sud-Kivu devienne un vrai hub, il faut :
Électrifier les zones urbaines avec des micro-réseaux solaires.
Créer un fonds provincial d’innovation, géré par et pour les jeunes.
Intégrer les start-up locales dans la commande publique.
Mettre en réseau les talents : universités, diaspora, développeurs, entrepreneurs.
L’innovation n’est pas un miracle, c’est une organisation. Et pour l’instant, nos jeunes sont prêts, il ne manque que l’allumette.
5. Le mot de la fin : innover, c’est reprendre le pouvoir
La véritable indépendance du Congo ne viendra pas d’une élection, mais d’une réappropriation de la production et de la technologie. Le Sud-Kivu peut être ce laboratoire national de l’avenir. Là où l’on ne subit plus le progrès, mais où on le fabrique. Chaque start-up locale, chaque idée codée dans un garage, chaque application née d’une panne d’électricité, c’est un acte de résistance face à la fatalité.
Nous ne sommes pas pauvres. Nous sommes juste mal connectés à nous-mêmes. Et le jour où le Sud-Kivu décidera de brancher son génie collectif, il fera de ses collines un réseau, et du Congo un centre du monde.
ParNTAMBUKA NSINDA PASCAL
On dit souvent que tout commence par une idée. C'est faux. Tout commence par une douleur. Et au Sud-Kivu, la douleur est quotidienne : chômage, insécurité, isolement, coupures d’électricité, routes impraticables.Sauf que dans cette douleur, quelque chose bouge. Il y a du mouvement. On voit une génération qui en a marre de survivre commencer à créer ses propres outils de survie : des start-up, des micro-entreprises, des laboratoires artisanaux, etc.
1. Le paradoxe du Kivu
Le Sud-Kivu, c’est la misère sur un volcan d’opportunités.
On a l’énergie du peuple, la jeunesse la plus créative du pays, les universités les plus dynamiques, et un marché assoiffé de solutions locales. Ce qu’il manque ? Une politique publique capable d’allumer le feu.
Car pendant que l'Éthiopie d’à côté crée des zones d’innovation, nous, nous débattons encore pour savoir qui doit couper le ruban d’un cybercafé municipal.
2. La faillite de la vision étatique
Nos gouvernants pensent encore que “start-up” est un mot d’ONG. Ils ignorent que c’est une arme économique. Aucun plan provincial pour le numérique. Aucun incubateur officiel. Aucun réseau d’investissement local. Et pourtant, les jeunes innovent déjà. Dans le transport, la fintech, l’agro-industrie, les énergies renouvelables. Ce que fait un jeune avec un simple smartphone ici vaut plus que mille promesses politiques.
3. Pourquoi le Sud-Kivu peut devenir un hub ?
Parce que nous avons ce que les autres n’ont plus : la faim de créer. Les jeunes du Kivu ne copient pas, ils adaptent. Ils inventent à partir de la pénurie. Et c’est justement dans la pénurie que naissent les plus grandes inventions. Le Sud-Kivu a le profil parfait : un bassin universitaire, un tissu associatif dense, une diaspora compétente, et une jeunesse déterminée à coder sa liberté.
4. Les conditions de l’explosion
Pour que le Sud-Kivu devienne un vrai hub, il faut :
Électrifier les zones urbaines avec des micro-réseaux solaires.
Créer un fonds provincial d’innovation, géré par et pour les jeunes.
Intégrer les start-up locales dans la commande publique.
Mettre en réseau les talents : universités, diaspora, développeurs, entrepreneurs.
L’innovation n’est pas un miracle, c’est une organisation. Et pour l’instant, nos jeunes sont prêts, il ne manque que l’allumette.
5. Le mot de la fin : innover, c’est reprendre le pouvoir
La véritable indépendance du Congo ne viendra pas d’une élection, mais d’une réappropriation de la production et de la technologie. Le Sud-Kivu peut être ce laboratoire national de l’avenir. Là où l’on ne subit plus le progrès, mais où on le fabrique. Chaque start-up locale, chaque idée codée dans un garage, chaque application née d’une panne d’électricité, c’est un acte de résistance face à la fatalité.
Nous ne sommes pas pauvres. Nous sommes juste mal connectés à nous-mêmes. Et le jour où le Sud-Kivu décidera de brancher son génie collectif, il fera de ses collines un réseau, et du Congo un centre du monde.